Ce que L’APT pense !

Tunis le 21/12/2015

« Ce que L’APT pense ! »

E D I T O R I A L : Pour un Partenariat Publique Privé dans l’enseignement de la Physiothérapie en Tunisie

         Aux noms des membres du bureau directeur de l’APT ; je m’adresse à vous Mr le Président du syndicat des écoles privées de formation des paramédicaux dans le domaine de la santé ; pour vous exprimer de façon solennelle et sans aucune ambigüité notre position à l’égard de la formation des physiothérapeutes dans le secteur privé :

– Nous considérons que ces écoles privées sont des acquis pour la Tunisie et une fierté ; elles ont permis à beaucoup d’étudiants appartenant à des Familles de la classe moyenne de faire leurs études dans le pays sans se trouver obliger de s’expatrier à l’étranger comme jadis .

– Elles ont permis à beaucoup d’étrangers africains et même européens de faire leurs études en Tunisie et c’est à l’honneur du pays.

– La Formation dispensée dans ces écoles et le niveau des diplômés sont d’une bonne qualité et les partenariats de coopération signée par ces écoles avec des écoles étrangères peuvent en témoigner.

– Les conditions de formation (locaux, salles de TP, équipements techno-pédagogiques et didactiques) sont meilleures que dans les écoles étatiques.

– Ces écoles disposent d’un cadre enseignant qualifié, disponible et motivé, qui assurent de façon régulière leurs cours et en cas d’empêchement ; des heures de rattrapage sont programmées (le taux d’exécution du programme des études dépasse celui de certaines écoles étatiques)

– La coordination des études est assurée par un personnel compétent et initié ; un Feedback est réalisé chaque semaine à travers des réunions avec les délégués de classe pour assurer le suivi et palier dans le temps à des insuffisances éventuelles.

– Le service pédagogique assure convenablement la programmation des cours et le suivi de l’assiduité des étudiants et enseignants et veille à l’application du règlement des études.

– Le conseil de discipline siège régulièrement pour prendre des sanctions en cas de dépassement du taux d’absence toléré et/ou mauvais comportement des étudiants.

– En stages, les étudiants sont encadrés par des Physiothérapeutes hospitaliers référents conventionnés et des superviseurs du métier assurent le contrôle des présences pour la validité des stages.

– Les étudiants sont motivés et ont la soif d’apprendre et certains d’entre eux font des stages même pendant les vacances à titre personnel.

– Chaque année universitaire, des conférences traitant de divers sujets sont planifiées et confiées à des personnes de renommées tunisiennes et étrangères et des workshop et ateliers pratiques sont organisés en collaboration avec l’APT et ses partenaires sur des différents sujets d’actualités thérapeutiques avec présentation de nouvelles gammes d’équipement (électrothérapie, amincissement, drainage lymphatique, kiné sport, thérapie manuelle etc.…)

– Des stages de perfectionnement à l’étranger sont organisés chaque année à l’étranger pour les nouveaux diplômés motivés et intéressés. Ce sont les ingrédients de la réussite de ces écoles privées et c’est la réalité que certains collègues doivent l’accepter ; y compris pour certains responsables des écoles étatiques qui sont entrain de faire du transfert de leur échec sur le dos des écoles privées. Ces responsables doivent s’occuper des affaires des écoles dont ils ont la responsabilité et laisser ces écoles avancer dans l’exécution de leur tâche de noblesse.

L’unité de formation des cadres de la santé doit résoudre le problème épineux de formation des cadres formateurs vu le manque flagrant dans ce domaine, cette unité doit sortir de sa léthargie qui a trop duré et assurer des cycles de formation et ne pas bloquer ces écoles si jamais (un projet est en cours) l’une de ces écoles présente un dossier de création d’un Master pédagogique pour doter le pays en cadres formateurs et répondre à ce besoin épineux. Par ailleurs ; la Tunisie compte environ 1200 cabinets de libre pratique et 700 Kinésithérapeutes exerçant dans les cliniques , centres de rééducation de médecine physique et 500 exerçants dans les cabinets de libre pratique et stations thermales et centres de thalassothérapies et centres SPA, environ 8000 kinésithérapeutes dont certains exercent dans la fonction publique, la coopération technique et avec les équipes sportives et certains sont au chômage technique déguisé ( car il prennent en charge des patients à domicile ) soit au Total : 1200+700+500+8000= 10400 Kinésithérapeutes .

NB: L’APT ne dispose pas de données officielles concernant le nombre exact des kinésithérapeutes en Tunisie et à mainte reprise elle a demandé au Ministère de tutelle à faire le dénombrement des diplômés en physiothérapie pour réaliser la carte de répartition géographique mais la réponse tarde à venir.

Si on estime que la population Tunisienne est de l’ordre 11Millions d’Habitants ; 10400 Kinésithérapeutes ne représente même pas Mille kiné par Million d’habitants ; chiffre en dessous de ce que devrait être pour une population qui a tendance au vieillissement et qui connait une nette amélioration de l’espérance de vie . Le marché est loin d’être saturé et c’est un métier qui est demandé par certains pays étrangers, par conséquent les Ministères de Tutelles ; Enseignement Supérieure et de la Santé ne doivent pas entraver cette volonté exprimée par ces écoles Privées dans le domaine de la formation et doivent veiller au respect du cahier des charges et si besoin à sa mise à jour c’est ça leur rôle . Chaque école doit fixer le nombre d’étudiants qu’elle peut inscrire par année d’étude en fonction de sa capacité et de ces moyens mis en œuvre et des normes requises par le cahier des charges tout en assumant ces responsabilités de veiller sur la qualité de formation .   Avec le temps le marché d’emploi trouve son autorégulation et les écoles privées se développent d’avantage pour entamer la Formation continue postuniversitaire et nous aider à répondre à une demande fort importante de la part de nos physiothérapeutes adhérents désireux de se mettre à la page et au diapason de toute nouvelle technique de rééducation ; car là aussi l’Etat Tunisien ne fait rien par le biais de ses instances (Centre Nationale de Formation Pédagogique des Cadres de la Santé et Unité de Formation des Cadres de la Santé ) .

Si l’APT continue à survivre c’est grâce à la volonté de ces responsables, ces adhérents et ces partenaires dont l’UCS ; qui chaque Année co-organise avec l’APT les journées scientifiques par la mise à notre disposition la logistique nécessaire ( cartables, blocs notes, stylos, badges, affiches ,dépliants et banderoles) en quantité demandé et ce conformément aux closes de partenariat signée. L’APT plaide pour une politique de Partenariat Publique Privé dans le domaine de la formation des physiothérapeutes ; et je sollicite les Directeurs de ces écoles privées à participer financièrement à l’équipement des écoles étatiques et de soutenir la politique de l’état pour garantir des conditions meilleures de formation et de s’investir d’avantage dans les échanges d’activités scientifiques et la prise en charge des formateurs Tunisiens pour parfaire leur formation ; et Etranger pour animer des cycles de formation destines aux étudiants de ces écoles de même je sollicite le soutien de ces écoles privées pour aider l’APT à fonder l’Ordre des Physiothérapeutes Tunisiens et de travailler en tandem pour régler toutes les questions relatives à l’exercice de la profession en libre pratique , pour revoir les textes de loi relatifs au stage d’initiation à la vie professionnelle des jeunes physiothérapeutes et pour aider l’APT à avoir un local propre à elle . Pour conclure , L’Association des Physiothérapeutes Tunisiens, partie prenante des choix politiques du pays, s’est engagée dans une voie de défense de la complémentarité entre le secteur publique et le secteur privé et ce, pour l’épanouissement du secteur sanitaire dans le pays afin de créer un climat permettant l’émergence des compétences nationales, facteur déterminant pour tout développement intégral; et de hisser notre patrie aux rangs des pays développés et défendre sa place pour prendre sa part dans un contexte pas facile de mondialisation…

 

Le Président de l’APT
BAHRI Youssef
Physiothérapeute –Cadre Formateur- Enseignant
Professeur Principal Paramédical
Ex-Coordinateur des études section Physiothérapie des Déficients visuels
Enseignant permanant à l’UC